Archives mensuelles : mai 2016

King kong et les gremlinz

Aujourd’hui, je me suis posée une question. Normal pour une coach, le coaching étant basé sur le questionnement. Elle était celle-ci : si demain je meurs, à combien de personnes mon absence changerait leur quotidien ? (Je n’ai pas dit combien de personnes seraient tristes)

Vous me direz que j’ai des idées lugubres. Point s’en faut, parler de la mort est très sain et envisager la sienne, qui du reste, peut arriver à n’importe quel instant, est signe de bien-être. En effet, si demain, je pars, je partirai contente avec le sentiment d’un travail accompli.

A vrai dire, parler de nos plus grandes peurs plutôt que de les nier permet de faire passer les Idées  de l’inconscient au conscient. Je prends ses mots, en déformant un peu la réelle signification : disons que le conscient est la mémoire qui est à notre portée, elle se formule facilement. L’inconscient est la mémoire conceptuelle, un peu comme les bits des ordinateurs, elle est si colossale qu’il est nécessaire de réduire l’information. Il est très  riche d’images, de métaphores, éloignées de notre mental  un peu comme les comptes offshore du Panama.

 Evoquer le sujet de la peur à voix haute, c’est le placer dans le conscient, dans une zone « concrète », accessible.  En parler avec sérénité, comme d’un fait normal permet  à l’inconscient de se dire : « Ah ben si elle en parle, l’évoque comme d’une bonne baguette sortie du four, c’est que c’est un truchouette » (Truchouette = néologisme de mon cru, liaison de truc et de chouette moins joli). Et du coup, l’inconscient va classer le sujet dans la case  étiquetée « agréable ».

Si je ne parle pas de cette peur, voire même si je la nie, pire la refoule, l’évite, la contourne : l’inconscient qui adoooore inventer, imaginer, grossir, déformer, que fait-il ? Non pas un truchouette mais un monstre horrible à deux têtes avec deux énormes canines  tranchantes ! Bouh !

Pour quelles raisons les enfants ont des peurs nocturnes parfois terrorisantes ? (les  adultes  aussi d’ailleurs mais moins souvent) : parce que leur inconscient turbine à triple tour ! Normal, la part du cerveau qui concrétise n’est pas encore formé. Le petit ours en peluche devient king kong, Barbie un gremlinz grrrr et Nicolas Sakorzy une schtroumpfette à poils roux ! Brr ! Imaginez l’horreur !

Et le monstre se glisse subrepticement dans  nos vies, et une peur créé une autre peur : j’ai peur de la mort, je ne fais pas de moto, je ne pars pas en voyage, je ne fais pas d’accrobranche, je ne change pas de travail, je garde mes habitudes, je vais là où je connais. voilà. Je suis dans ma boîte enfermée à triple tours. C’est ainsi que nous pouvons nous retrouver terrorisé lors d’un entretien d’embauche.

Du coup, j’aime bien me poser des questions sur tout un tas de sujet du registre « j’ai peur »  comme la mort. Là où je suis restée béate, c’est quand la réponse m’est apparue : mon chat Kiti. Il n’y a qu’à  Kiti que mon absence changerait réellement la vie. Il serait contraint de changer de maison.

Et vous combien de personnes seraient perturbées dans leur quotidien si vous mourez demain ?

 

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